Rappel : Pete Doherty fut co-leader des géniaux Libertines avec son (ex ?) ami Carl Barât, avant d'être remercié. Cause : consommation excessive d'héroïne et de cracks en tous genre, tempérament imprévisible ... Bref. Tout ça appartient désormais au passé. Les Libertines ne sont plus, les Babyshambles sont géniaux.
L'habité Down In Albion annonce la couleur avec une composition ornée de la sombre innocence de Doherty. "la Belle Et La Bête" font retentir leurs rugissements le temps d'un refrain, dans lequel Kate Moss laisse entendre "is she more beautiful than me ?". Le reste n'est que preuve du talent de l'extraordinaire camé. Parfois dandy punk ("Fuck Forever", "Pipedown"), parfois terrible reggaeman branleur ("Sticks And Stones"), Doherty plane avec les étincelles noires de son esprit, voguant tantôt avec la mort, tantôt avec l'humour ("Pentonville", ragga interprété par General, protecteur de cellule de Pete Doherty). Bien sûr, il est impossible d'échapper à l'efficace single "Killamangiro", composition plus que bondissante basée sur de sublimes coups de guitares brouillons. Mais ce titre n'est qu'une bribe du génie musical du disque. L'insoutenable "Albion", romantique dans le sens destroy du terme, en est la pièce maîtresse.
Cet album au son live, dans la pure tradition Libertines, fait retentir une complainte exceptionnelle, l'art d'un mythe de 26 ans au bord du naufrage mais au sommet de sa créativité. Une variété intransigeante, mêlant poésie et émotions, un beau disque. Très beau.
Aux dernières nouvelles, l'homme se trouve en cure de désintoxication en Arizona, aux côtés de sa belle. Cette fois-ci, il s'y rend de son plein gré.



