Cette année, la programmation des Eurockéennes fut digne des plus grands festivals du monde, avec, dans le rôle des gros poissons, Queens Of The Stone Age, Nine Inch Nails, Bloc Party, Garbage, Sonic Youth, etc.
Malheureusement, je n'ai pu m'y rendre que le dernier jour, le 3 juillet. La journée débuta avec The Killers. Leur prestation fut particulièrement décevante, et nombreux furent ceux qui se demandaient ce que ces guignols en costard faisaient sur une si grand scène. The Killers ne convaincront pas vraiment. Le public ne bougea vraiment que sur "Somebody Told Me", leur tube savamment calibré.
Une des meilleures performances a été pour moi celle d'
Andrew Bird. Le songwriter américain débute avec un "Sovay" habité, méconnaissable, troublant et délicieux, pour poursuivre sur un show époustouflant. L'artiste alterne constamment violon et guitare, sifflement envoutant et chant exceptionnel, ballades presque expérimentales en pizzicati et chansons pop millésimées. Andrew Bird a conquis les public avec sa musique délicieuse et son atmosphère légèrement humoristique et sans gêne (la première chose qu'il fait sur scène : il enlève ses chaussures). Vraiment, le violoniste chanteur (etc...) est un grand artiste, qui prend toute son ampleur en live avec des versions très différentes des enregistrements studios. La voix, la virtuosité, le charisme de l'homme est à retenir.
La prestation du jeune et hype groupe The Bravery fut également épatante. Plus d'une heure de bordel furieux et électrique. Ce groupe sait vraiment bouger sur scène, tout en donnant l'impression de se foutre du public. Leur rock, ne reniant pas les machines, a apparemment beaucoup plu au public des Eurocks. Le chanteur, a la voix relativement calme sur CD, se vide en live de toute se bestialité, se plie en deux, hurle ... tandis que le bassiste se promène allègrement sur scène, retire son T-Shirt, et finit le show porté par le public. Le guitariste est doté d'une technique acceptable, il est capable d'assurer des solos parfaitement respectables. Les Braves doivent être les seules personnes à avoir réussi a faire passer des bouteilles en verre dans le festival. En effet, les chansons sont délimitées par de longues goulées de bière, et parfois de crachats aromatisés houblons ...
La grand scène accueille ensuite Sonic Youth, groupe légendaire de noisy-rock, dont je n'ai pas su capter l'ampleur de l'art ... j'en suis d'ailleurs assez triste. Faute d'apprécier ma musique des vétérans américains, je me dirige vers le plage, voir le concert d'un groupe funk : Plant Life. Le chanteur, avec ses faux airs de Lenny Kravitz, ponctue le spectacle de rap. Les cuivres survoltés, la guitare surexcitée, la délicieuse chanteuse ... les Plant Life ont dans l'ensemble assuré et su faire bouger le public malgré leur style assez inhabituel dans un festival de rock.
A 23h15 débute sur la grand scène le concert de Louise Attaque. Apparemment, tous les festivaliers sont au rendez-vous. Pas de doute, le groupe français a conservé sa fougue du passé et a encore de quoi faire danser des milliers de personnes. Tant avec ses hymnes habituels qu'avec ses nouveaux titres. La communion du chanteur avec le public était très appréciable. C'est d'ailleurs ce qui a beaucoup manqué à la majorité des concerts. Bref. Louise Attaque nous a fait grand plaisir, notamment avec un rappel de quatre titres !
Les Eurockéennes, festival ouvert d'esprit et de grande qualité, n'a pas fini de faire bouger les foules, de déchainer les groupes de rock et de faire hurler les amplis. Ma main à couper.