Robert Johnson

Robert Johnson
Robert Johnson naît en 1911 dans le delta du mississippi. En cette époque, les noirs sont contraints de travailler dans les plantations de coton. Déjà enfant, Johnson refusait dese fatiguer pour ces blancs cruels et racistes.

C'est au début des années 1930 qu'il rencontre les deux fameux bluesmen Ike Zinnermann et Son House. Robert Johnson ressent immédiatement le désir de leur ressembler, mais le jugement de ces derniers est net et sans équivoque : "Tu ne sais pas jouer de la guitare, tu fais fuir les gens".

Lorsque, deux ans plus tard, une guitare a la main, le jeune Johnson revient vers les deux musiciens, il les époustoufle par son jeu exceptionnel. Son House, épaté, en déduit que le jeune bluesman a vendu son âme au diable à un carrefour (d'où le fameux "Crossroads Blues") pour acquérir une virtuosité pareille.

Robert Johnson compose rapidement des standards qui deviendront légendaires par la suite et tourne. D'abord de bar en bar, puis de région en région, avec son ami Johnny Shines. Ce grand séducteur s'attire partout les faveurs de femmes, qui sont sa principale source de revenus.

En 1938, Robert Johnson commet l'erreur de séduire la femme du gérant du bar où il se produit ce soir là. Une bouteille de whisky lui est offerte. La strychnine fait vite effet.

Le diable aura conclu ce deal en le faisant assassiner par un mari jaloux.

Mise à part la légende fascinante qu'il a laissée derrière lui, Johnson nous a surtout quittés en cédant au monde 29 titres éblouissants, entre joie et lamentation, à la limite de la rupture.

Sa musique profonde et authentique, constamment reprise par de nouveaux artistes (Led Zeppelin, Eric Clapton, Keb' Mo' & Corey Harris ...), résonnera dans l'univers jusqu'à la fin des temps. Elle déversera son état d'âme unique pour toujours, et fera trembler les coeurs d'un grand nombre de jeunes artistes encore.

# Online seit Samstag, 02. Juli, 2005 um 09:35

Geändert am Montag, 04. Juli, 2005 um 13:19

Les Ogres de Barback

Les Ogres de Barback
Les Ogres de Barback jouent de la chanson française, aidés par les influences peu habituelles que sont la Mano Negra, Georges Brassens, Renaud ...

Avec des paroles poétiques et vagabondes, les ogres nous font entrer dans un univers urbain et rétro, contant les exploits de héros quelconques mais peu banals. Par ici, un voyageur écrit à sa mère, par là, une grand-mère nous invite dans son palais (dans sa suite), là encore un little gentleman parcourt les boulevards de toutes les capitales. Une écoute de leur hymne « Rue De Paname » suffit a faire chantonner un public de 500 personnes.

La musique de ce groupe n'a rien de commun non plus : chaque membre manie a la perfection un bon nombre d'instruments. Les Ogres sont quatre et jouent : des cuivres, de la guitare, du clavier, de la contrebasse, du violon, de la scie musicale, de l'accordéon, de la flûte... En découlent de délicieux arrangements, mêlant tout et rien, dans une parfaite homogénéité, jamais sans une errance, jamais sans une fausse note. Ces musiciens accomplissent à mes yeux une véritable prouesse sur scène, en vadrouillant de guitare à accordéon, de trombone à contrebasse, mais aussi en faisant bouger de nombreuses générations.

Suite à quinze minutes de jeu sublime, le public apparaît plus hétérogène que jamais lorsqu'une horde de néo-babas à dreadlocks se met a sautiller joyeusement devant la scène en fumant de l'herbe, au grand damn des vieilles gens. Celles-ci préfèreraient rêver devant le spectacle génial sans laisser libre cours à leur fougue, savourer calmement la poésie et la finesse des compositions des Ogres, tandis que les jeunes amteurs aiment à se laisser entièrement porter par la musique et l'ambiance endiablée du rock mano-negresque que la formation sait jouer en reprenant les Béruriers Noirs, ou "La Ventura" de la Main Noire justement.

Refusant catégoriquement le système de l'industrie de la musique imposé par les majors, les Ogres de Barback ont fait le choix ambitieux de s'auto-produire et de s'auto-distribuer, sans avoir à s'aligner sur les décisions de quelqu'un d'autre qu'eux. On retrouve là l'esprit gentiment anarchiste du groupe.

Dans une rue de Paname, errant au bord de l'eau,
J'fumais mon Amsterdam pour finir au bistro.
Il y avait deux-trois femmes qui faisaient le tapin,
Moi j'aiguisais ma lame pour planter les rupins ...


Salut à vous, mes idoles Barback !

# Online seit Dienstag, 21. Juni, 2005 um 08:24

The White Stripes - Get Behind Me Satan

The White Stripes - Get Behind Me Satan
Enregistré en une dizaine de jours, Get Behind Me Satan, nouvel opus des White Stripes, partagera sans doute les opinions de par son originalité et sa fuite de la facilité.

Pourtant, "Blue Orchid", premier titre de l'album, flaire bon la guitare électrique et le rock qui font sautiller dans les fosse . Ce morceau hormonal restera anecdotique pour la plupart des amateurs de rock moderne et innovant. Innovant ? Vous avez dit innovant ? L'innovation ne tarde pas a se manifester avec "The Nurse", et son surprenant mélange de xylophone, de marimba, et d'accords électriques et déroutants. Voilà le neuf. Le vieux neuf qui ne nécessite pas l'utilisation d'un ordinateur, qui ne fait pas appel a la magie du numérique ... la musique que personne n'a entendu auparavant.

Cet album est une preuve pour les amateurs de vieux rock des années 00 que les Rayures Blanches ne sont pas de vulgaires frappeurs de batterie, gratteurs de guitares et chanteurs de musique populaire. Car l'instrument fétiche de la fausse fratrie (celui qui possède six cordes) se fait incroyablement discret pour laisser place à un piano qui s'égare dans une rythmique suspecte, une sonorité bizarrement agréable. De plus, la difficulté d'approche de ce nouvel album risque de moins faire bouger les masses qu'Elephant.

Mais rassurez-vous tout n'a pas changé chez les White Stripes : ils demeurent toujours de grands performers, tant sur CD que sur scène, et le choc qu'engrange chaque nouvelle production du groupe reste bénéfique pour le rock, celui qui n'a pas d'apparat, celui qui allie l'électricité et la fougue de la jeunesse a la vieille sincérité du blues.

# Online seit Mittwoch, 08. Juni, 2005 um 08:03

Geändert am Freitag, 15. Juli, 2005 um 06:24

Arcade Fire

Arcade Fire
Un groupe canadien à la pop baroque et énergique a émergé en France après un succès inespéré aux Etats-Unis : Arcade Fire !

Une voix aigue et obsédante se pose sur quelques notes d'une section violon impressionnante : oui, vous êtes bien en train d'écouter la fable débutant Funeral, Neighborhood (en quatre volets). Cette musique est ambitieuse sans être prétentieuse, déjantée sans être désorganisée. Un accordéon par ci, un xylophone par là, la variété instrumentale d'Arcade Fire est époustouflante.

Les deux meneurs du groupe, Will Butler et sa compagne française Régine Chassagne mettent ainsi tout leur coeur à l'ouvrage, imposant à l'oreille de l'auditeur une réjouissance sans pareille, mais aussi une gravité particulière, tragique, indescriptible. A l'image des arrangements grandioses du groupe. Les morceaux des Montréalais sont une véritable claque. Modernes et sophistiqués, ils font souffler un vent de nouveauté, qui ne cesse de balayer la terre de rock qu'est devenu le Canada (avec notamment Broken Social Scene, Apostle Of Hustle, Feist et bien d'autres). Alors comment ne pas succomber ? Rolling Stone aime beaucoup, Rock'n'Folk adore, Télérama en est fou, les Inrocks sont preneurs ...

Bien que plutot accessible et jouissif dès la première écoute, Funeral se redécouvre constamment. Il est rare de nos jours d'accomplir une telle prouesse. Chef-d'oeuvre, sommet, référence ... appelez cet album comme vous voudrez, pour ma part je n'ai pas l'ambition de résumer la chose géniale qu'il est en un seul et modeste terme.

# Online seit Freitag, 03. Juni, 2005 um 11:44

Leonard Cohen

Leonard Cohen
C'était le début de Leonard Cohen. Du temps où la qualité de son écriture et de sa musique allaient de pair.

En 68, le poète à la voix nonchalante empoigne sa guitare sèche pour composer des ballades folk magiques, telles "Suzanne", "Sisters Of Mercy" ... Des chansons éternellement fraîches et nostalgiques à la poésie inimitable. Parfois une flûte mélancolique, parfois des choeurs célestes, mais toujours ce réconfort procuré par une musique légère et profonde, des paroles mélodieuses. De la première à la centième écoute, Leonard Cohen est là.

Quoi de plus cafardant, mais aussi quoi de plus délicieux que de contempler la pluie par la fenêtre, les complaintes de Songs Of Leonard Cohen dans les oreilles ? Cela tient peut-être du masochisme, mais j'aurais tendance a dire qu'il s'agit là de bon gout. Beaucoup dirons que la musique intimiste de cet album, paru au commencement de la carrière du songwriter, n'est qu'un avant gout de l'ampleur que prendront les poèmes du Canadien par la suite. En effet, avec des titres aux textes lumineux tels que “Dance Me To The End Of Love” ou “Hallellujah” (repris plus tard par jeff Buckley), Cohen gagne en ambition, et par la même occasion en synthétiseurs au son new-wave et en choeurs hautains.

Très peu pour moi. Dans ces conditions, il est plus conseillé de lire ce grand homme que de l'écouter. La magie des mots. Voila ce qui a survécu.

Quant à sa dernière production, Dear Heather, elle est d'une médiocrité alarmante pour un artiste de ce potentiel, hier en tout cas. Aujourd'hui, il est probable qu'il approche la sénilité.

Suzanne takes you down, to her place near the river ...

# Online seit Freitag, 13. Mai, 2005 um 14:10