C'est au début des années 1930 qu'il rencontre les deux fameux bluesmen Ike Zinnermann et Son House. Robert Johnson ressent immédiatement le désir de leur ressembler, mais le jugement de ces derniers est net et sans équivoque : "Tu ne sais pas jouer de la guitare, tu fais fuir les gens".
Lorsque, deux ans plus tard, une guitare a la main, le jeune Johnson revient vers les deux musiciens, il les époustoufle par son jeu exceptionnel. Son House, épaté, en déduit que le jeune bluesman a vendu son âme au diable à un carrefour (d'où le fameux "Crossroads Blues") pour acquérir une virtuosité pareille.
Robert Johnson compose rapidement des standards qui deviendront légendaires par la suite et tourne. D'abord de bar en bar, puis de région en région, avec son ami Johnny Shines. Ce grand séducteur s'attire partout les faveurs de femmes, qui sont sa principale source de revenus.
En 1938, Robert Johnson commet l'erreur de séduire la femme du gérant du bar où il se produit ce soir là. Une bouteille de whisky lui est offerte. La strychnine fait vite effet.
Le diable aura conclu ce deal en le faisant assassiner par un mari jaloux.
Mise à part la légende fascinante qu'il a laissée derrière lui, Johnson nous a surtout quittés en cédant au monde 29 titres éblouissants, entre joie et lamentation, à la limite de la rupture.
Sa musique profonde et authentique, constamment reprise par de nouveaux artistes (Led Zeppelin, Eric Clapton, Keb' Mo' & Corey Harris ...), résonnera dans l'univers jusqu'à la fin des temps. Elle déversera son état d'âme unique pour toujours, et fera trembler les coeurs d'un grand nombre de jeunes artistes encore.



