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Dirty Pretty Things - Waterloo To Anywhere

Dirty Pretty Things - Waterloo To Anywhere
Dirty Pretty Things, c'est le nom que Carl Barât donne à ses soirées dans sa boîte londonienne. Aujourd'hui, c'est le nom qu'il a donné à son groupe, formé du Monsieur (guitare, chant), d'Anthony Rossomando (qui a déja officié en tant que guitariste de remplacement lors de la dernière tournée Libertines), de Didz Hammond (basse) et de de Gary Powell (batterie, ex-Lib).
La formation a fait son petit bonhomme de chemin en sillonnant les boîtes italiennes et françaises, avec notamment une soirée mémorable au Triptyque. La set-list se composait alors pour bonne part de reprises des Libertines, et d'un rock plutot brouillon et plutot peu convaincant.

Un début que l'on ne pourrait qualifier de décevant, malgré les espérances ardentes de nombre de fans, moi en premier. Waterloo To Anywhere fut enregistré pour bonne moitié aux Etats-Unis, le reste en (de moins en moins) perfide Albion. La pochette arbore une femme tourmentée, ténébreuse et nue. On s'attend à une orgie de compositions angoissées typiques de post-ruptures. Finalement, c'est un rock racé et fulgurant, la face la plus punk et, paradoxalement, la plus élégante des Libertines, qui se fait entendre. La plongée dans un Londres brumeux et puant d'opium est inévitable, meme si le crack et l'héroïne peuplent désormais les organes de Pete Doherty. Bref. "Doctors and Dealers" ne fait pas de doute.

Dans ce disque, des influences, des fantômes qui sautillent joyeusement le long de ces trop courtes 37 minutes. The Clash en première ligne, avec son punk teinté de reggae ("If You Love A Woman"), avec sa voix sexy et enragée. The Beatles, comme partout, avec des envolées mélofiques impropables, à la niaiserie grattée par la crasse dans "Gentry Cove". The Jam, avec son côté prolo et dansant. Finalement, David Bowie à la sauce anglaise, avec son côté dandy, sans glam. Car ici, tout est affaire de dandy, de cette classe toujours conservée, de cette impertinence délicieuse qui côtoie les riffs fulgurants. Un genre de disque en forme de Dorian Gray à qui l'on pardonnerait tout, même d'avoir signé sur une major.

Et en fin de compte, on a toujours tendance à se poser cette question débile et inévitable : Barat ou Doherty ? Doherty ou Barat ? Et la seule réponse qu'on puisse apporter est :

Ni l'un ni l'autre. Les deux. Meme séparés.

# Posté le dimanche 11 juin 2006 15:33

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