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Syd Barrett

Syd Barrett
And I'm most obliged to you for making it clear
That I'm not really here

Syd Barrett. Le grand Syd Barrett. La quintessence du perdant magnifique. Finalement un grand enfant qui entra dans la morne folie adulte en 1968, lorsque son groupe s'apprêtait à atteindre des horizons prometteurs. Son groupe ? Pink Floyd.

1965. Le beau Syd rejoint Roger Waters, Rick Wright et Nick Mason. Qu'ils le sachent alors ou non, à l'instant où le charismatique dandy toucha sa première guitare et son premier micro, lors de la première répèt' du Pink Floyd avec Syd Barrett, la révolution psychédélique londonienne était en marche. D'abord des singles. Séduisants, certes, mais modestes. "Arnold Lane", avec son clip surréaliste peuplé de mannequins de vitrine démembrés, au bord de la mer. "See Emily Play", effervescent, majestueux, angélique. Autant parler d'un amuse-gueule traumatisant, car trop court.

The Piper At The Gates Of Dawn. un joli titre démontrant l'attrait particulier de Syd pour les contes de fées. C'est dans son livre de chevet, un ouvrage merveilleux pour enfant, qu'il est question d'un joueur du flûte aux portes du couchant. L'amorce du riff d'"Astronomy Domine" démontre, martellement de cymbales à l'appui, qu'en Angleterre la gentillette pop et le cradingue blues rock ne sont plus tout à fait de mise. Place au Psyché, aux Rêves En Tecnicolor De 14 Heures. Ici, une épopée cosmique aux allures de conte pour enfants. Composé pour l'essentiel par Syd Barrett, The Piper ... se constitue de deux faces distinctes, mais furieusement complémentaires. D'un côté, expérimentations inspirées par la SF chère au leader du groupe. De l'autre, de superbes pop-songs à la composition étonnamment libre et voyageuse. Gavé d'effets sonores, enregistré à Abbey Road dans le meme temps que le Sergent Pepper's Lonely Heart Club Band des Beatles, The Piper At The Gates Of Dawn reste un album éternel et fut une véritable révolution sonore. Montrant la voie à toute la génération anglaise de psychedelic rock-bands.

Il s'agit également de l'amorce du grandiose parcours de Pink Floyd, qui s'inscrit dans la continuité directe de ce premier disque. Parfois pop, toujours planant et expérimental, le son du groupe a évidemment changé mais conserve des traces inaltérables du talent de Syd Barrett.

1968. Le symbole vivant du psychédélisme anglais n'est déja plus que l'ombre de lui-même. Déstabilisé mentalement (consommation excessive de LSD pour les uns, extrême fatigue pour les autres), Syd quitte le groupe, devenu ingérable. Il enregistre deux albums solos très bons eux aussi, en dépit de l'état mental déclinant du songwriter. The Madcap Laughs (la même année) et Barrett (1970) sont deux perles pour tout amateur de folk/pop songs admirablement bancales, à la poésie hallucinée.

Depuis, plus rien. Reclus dans soon Cambridge natal, Roger Keith Barrett n'est plus qu'un citoyen lambda. Obèse. Absent. Quelques douloureux clichés nous rappellent sa présence. Où est passé le dandy talentueux tant en musique qu'en peinture, cette icône du voyage rock'n'roll, cet inventeur de l'interstellar overdrive ?
Celui a quitté notre monde depuis longtemps.

quelques 36 années plus tard, on apprend le décès physique de Roger Keith. Du diabète, nous dit-on. Qu'importe. Le corps a rejoint l'âme.

Lumière sur toi, diamant fou.

# Posté le mardi 15 août 2006 13:00

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