The Mars Volta

The Mars Volta
Le rock progressif est de retour ! Après avoir administré un énorme bras d'honneur au groupe hardcore texan At The Drive-In Omar Rodriguez-Lopez et Cedric Bixler-Zavala s'en vont trouver Jon Philip Theodore et Eva Gardner pour former The Mars Volta.

Après lecture d'une bonne dizaine de critiques élogieuses, et de nombreuses tentatives infructueuses de téléchargement, voila entre mes mains Frances The Mute, deuxième album de Mars Volta. Les trente premières secondes du CD sont une tromperie : quelques accords de guitare acoustique, apaisante ... L'explosion vient rapidement. Un raz de marée déferle dans mes oreilles. Ca hurle, ça gratte, ça cogne, ça bouge ... Pourtant, on entend tout de suite que rien n'est laissé au hasard chez Mars Volta.

Par la suite, une extraordinaire variété se manifeste. Les deux leaders jouent sur leurs origine mexico-américaines et invitent des cuivres pour jouer de la musique latino, évidente référence a Santana. Des sons d'une étrangeté géniale interviennent entre les explosions généralement violentes et dosées pour ne pas être mégalos. Pourtant le groupe pourrait se le permettre : Tous les membres font preuve d'une habileté bluffante, lorsqu'ils ne sont pas perdus dans l'espace intersidéral de leur musique. Les soli de guitare sont impressionnants par leur rapidité et leur clarté, la batterie cavale entre deux décharges électriques, la basse dégage un groove rarement égalé chez des groupes de rock, et la voix s'envole à la manière d'un Robert Plant qui aurait (re ?)découvert le LSD. Lorsqu'elle n'est pas modifiée, ponctuée d'effets subaquatiques ou aggravée.

Finalement, la rage et l'expérimentation barrée rendent leur place aux sages accords planants rappelant le superbe "Fat Old Sun" de Pink Floyd ...

Cet album, ovni magistral s'apparente pour moi à une gigantesque symphonie expérimentale, une épopée magique et flamboyante avec ses instants de repos et ses tensions géniales. Je parierais fort pour que dans quelques années ce disque soit rangé dans le tiroir des chef-d'oeuvres inconnus du grand public, aux côtés du Berlin de lou Reed, ou du Rock Bottom de Robert Wyatt.

# Online seit Freitag, 25. März, 2005 um 13:48

Geändert am Mittwoch, 29. Juni, 2005 um 10:26

Citizen Cope

Citizen Cope
Citizen Cope est un songwriter d'une trempe marginale, un alimentateur de buzz depuis quelque temps. Malheureusement, Clarence Greenwood de son vrai nom est actuellement sujet à une campagne publicitaire excessive, qui se contente de résumer en une phrase le doux hybride du musicien. Par exemple : "un exemple de R'n'B et de blues", "un mélange de Beck, Bob Marley et Bob Dylan" ... Autant de slogans qui ne signifient pas grand chose.

Pour moi, sa musique est une mélancolie pacifique. Un appel à la solidarité, un cri doux et profond, plus percutant que n'importe quel autre. Bob Marley ? En effet, l'album du jeune loup dégage une impression de décontraction propre au reggae et à son contre-temps paresseux (mais non moins agréable). Bob Dylan ? Le folk peut aussi apparaitre comme prédominant dans l'enregistrement : le folk raconte des histoires. Les chansons de Citizen Cope sont également de modestes fables. Beck ? Un autre auteur compositeur avide de mélange... Mais pourquoi de tels raccourcis ? Les auteurs de ce slogan sont ils seulement conscients de la signification de leur campagne ?

Dans tous les cas, The Clarence Greenwood Recording est un album tout à fait sympathique, léger et engagé. Il est certain que Cope ne joue pas dans le but de faire résonner de stupides comparaisons à son sujet. Il compose ses reposantes et berçantes ballades "dans un souci d'universalité", et c'est comme ca qu'il montera. En restant lui même, et non en s'affichant comme pompeur d'influences.
[ Kommentar hinzufügen ] [ Kein Kommentar ]

# Online seit Montag, 07. März, 2005 um 13:08

Animal Collective

Animal Collective
Un réel ovni musical, détendu et bizarroïde.

J'ai découvert Animal Collective très récemment. Ce groupe incarne à merveille le revival psychédélique actuel. On soupçonnerais (presque) les membres du Collective d'avir consommé des substances illicites avant, pendant, et très certainement après l'enregistrement de Sung Tongs, son dernier album.

Un chanteur chante rarement seul. Ses copains sont toujours la pour y ajouter leurs voix divaguantes en un choeur bordélique. Le folk hallucinatoire de ce groupe pourrait s'apparenter à d'autres combos expérimentaux qui firent la joie des hippies californiens et anglais fin 60-début 70 : voyager ( = trip en anglais) dans les sentiers tortueux d'Animal Collective ramène approximativement aux mêmes endroits que le Pink Floyd ou l'Incredible String Band a pu faire visiter à nombre de ses admirateurs.

Seulement voila : Animal Collective aime faire du neuf. Les arrangements numériques n'ont rien à voir avec l'analogique de nos ancêtres les babas. On décèle dans les chants des rythmes à première écoute originaires d'Afrique. Les instrumentaux divaguants sont cependant relatifs au jazz, racine du mouvement beat (The Soft Machine) puis hippy (jefferson Airplane, Grateful Dead).

Ce disque, d'un concept certes déja vu mais rare de nos jours, se consomme comme un trip savoureux, long en bouche.

# Online seit Donnerstag, 10. Februar, 2005 um 13:11

Geändert am Mittwoch, 09. März, 2005 um 14:00

Vetiver

Vetiver
Vetiver est le principal accompagnateur de Devendra banhart (comme on peut le voir sur l'image). Le leader de la formation et grand ami du barbu est Andy Cabic.

Les compositions de Vetiver, moins intimistes que celles de Devendra banhart mais toutes aussi barrées, s'inspirent de Neil Young, des Beatles et du songwriting des années fin 60 début 70 en général. Les incursions du violoncelle dans les morceaux sont fréquents, c'est d'ailleurs sur des notes de cet instrument que débute l'album éponyme, avec la chanson "Oh Papa".

De nombreux artistes de la scène folk américaine méconnue se sont invités sur cet album : Devendra Banhart, bien entendu, qui chante et joue sur "Amour Fou", sorte de délire sans grande variété de paroles, Joanna Newsom vient elle aussi gratter sa harpe avec Andy Cabic et ses musiciens. Les trois artistes se sont d'ailleurs engagés a la fin de l'année dernière dans une tournée américaine de petits club (inutile de dire que des artistes si peu médiatisés ne pourraient pas remplir le hollywood bowl ... et même s'ils le pouvaient, ils n'accepteraient certainement pas).

Pourtant, Vetiver est promis à un grand avenir. L'écriture et la musique sont d'une qualité et d'une sincérité incomparables. Le groupe devrait faire parler de lui d'ici peu ...

# Online seit Mittwoch, 26. Januar, 2005 um 12:50

Geändert am Freitag, 15. Juli, 2005 um 06:25

Kasabian

Kasabian
J'ai acheté ce CD ce matin, et j'avoue être sur le charme

La musique de Kasabian est constituée de guitares acides typiquement dans la plus grande tradition "manchesterienne" (genre Happy Mondays ou Stone Roses) accompagnées de bruitages éléctroniques plutot inventifs et de paroles plus ou moins (surtout moins) débiles. Le groove hypnotique et parfois psychédélique de Kasabian invite l'auditeur a se déchainer sur le dancefloor, et surtout à admirer la recette.

Après une petite pêche aux infos, j'apprend que kasabian vient du nom d'une des adeptes de Charles Manson, gourou hippie et taré jusqu'à l'os. Les membres du groupe, surtout le leader sont d'un tempérament arroguant ... typical english of course ! Drogués, prolos, prétentieux ... ils sont le profil type des rock-stars représentant le classe ouvrière, durant l'ère punk entre autres.

Une pêche aux stéréotypes ne collant pas forcément avec la musique du combo, très moderne et variée. les singles Club Foot, l.s.f et surtout leur hymne Processed Beats témoignent d'un réel savoir faire. Autant avec leurs instruments qu'avec leurs ordinateurs, les membres de Kasabian semblent connaitre leur sujet sur le bout des doigts... La révélation de cette fin 2004 est justifiée

# Online seit Montag, 10. Januar, 2005 um 15:08