Après lecture d'une bonne dizaine de critiques élogieuses, et de nombreuses tentatives infructueuses de téléchargement, voila entre mes mains Frances The Mute, deuxième album de Mars Volta. Les trente premières secondes du CD sont une tromperie : quelques accords de guitare acoustique, apaisante ... L'explosion vient rapidement. Un raz de marée déferle dans mes oreilles. Ca hurle, ça gratte, ça cogne, ça bouge ... Pourtant, on entend tout de suite que rien n'est laissé au hasard chez Mars Volta.
Par la suite, une extraordinaire variété se manifeste. Les deux leaders jouent sur leurs origine mexico-américaines et invitent des cuivres pour jouer de la musique latino, évidente référence a Santana. Des sons d'une étrangeté géniale interviennent entre les explosions généralement violentes et dosées pour ne pas être mégalos. Pourtant le groupe pourrait se le permettre : Tous les membres font preuve d'une habileté bluffante, lorsqu'ils ne sont pas perdus dans l'espace intersidéral de leur musique. Les soli de guitare sont impressionnants par leur rapidité et leur clarté, la batterie cavale entre deux décharges électriques, la basse dégage un groove rarement égalé chez des groupes de rock, et la voix s'envole à la manière d'un Robert Plant qui aurait (re ?)découvert le LSD. Lorsqu'elle n'est pas modifiée, ponctuée d'effets subaquatiques ou aggravée.
Finalement, la rage et l'expérimentation barrée rendent leur place aux sages accords planants rappelant le superbe "Fat Old Sun" de Pink Floyd ...
Cet album, ovni magistral s'apparente pour moi à une gigantesque symphonie expérimentale, une épopée magique et flamboyante avec ses instants de repos et ses tensions géniales. Je parierais fort pour que dans quelques années ce disque soit rangé dans le tiroir des chef-d'oeuvres inconnus du grand public, aux côtés du Berlin de lou Reed, ou du Rock Bottom de Robert Wyatt.



