Devendra Banhart

Devendra Banhart
La sensation de l'année.

Devendra Banhart (oui, c'est un homme) joue du folk, seul avec sa guitare et sa voix lunaire, obsédante et sensible.

Enregistrés dans une maison coloniale de l'Alabama, Rejoicing in the hands et Nino Rojo sont le théatre de créatures fantastiques dans un désert lumineux. Devendra Banhart est en fait le précurseur d'une nouvelle vague folk américaine qui ne devrait pas tarder à faire parler d'elle, grace entre autres a Coco Rosie, Vetiver, Little Wings. Ces néo-hippies aiment à reprendre les concepts adoptés a la fin des sixties, pronant pour la paix et l'amour, avec une idée assez souple du bien matériel. Devendra Banhart n'a pas de toit. Il voyage ville en ville, laissant une trace partout sur son passage. Trainant avec lui sa guitare, sa longue chevelure noire et sa barbe délaissée, il vit l'instant présent, se contre-fichant de l'avenir.

C'est du moins l'image qu'il entend donner de lui même.

En dehors de tout ca, Devendra Banhart fournit une musique à fleur de peau, d'une sincérité et d'une poésie extrême. Audacieuses, ses mélodies chaleureuses, quoique parfois glaçantes, sont teintées d'une nostalgie à la Dylan.

L'avenir nous dira si Banhart continuera de monter au fil des années ou s'il disparaitra aussi vite qu'il est apparu. J'aurai plutot tendance a supporter la première hypothèse ...

# Posté le samedi 11 décembre 2004 15:58

Modifié le mercredi 29 juin 2005 10:30

The Doors

The Doors
Mon groupe préféré à ce jour...
en 1966, Ray Manzarek et James Douglas Morrison étudient l'art à Los Angeles, à l'UCLA. Le jour ou James rentre de ses vacances New-Yorkaises, il se voit métamorphosé. Il rejoint son vieil ami sur la plage, et commence à entonner Moonlight Drive sous le regard ébahi de Ray.
Manzarek : "Ca te dirait de former un groupe de rock ?"
Morrison : "C'est justement ce que je voulais te demander."

Et c'était parti. Ray au piano, Jim au micro, les deux acolytes, noyau définitif de The Doors (nom inspiré d'un poème de William Blake), engagèrent John Densmore aux futs et Robbie Krieger à la guitare. Ce dernier, guitariste classique, est un des rares musiciens de rock'n'roll a jouer sans médiator. Sa formation se constituait surtout de flamenco (écouter "Spanish Caravan") et de musique classique. En 1966, les portes s'ouvraient, déployant un Rythm'n'Blues sombre et violent, tout en étant fin et sophistiqué. Premier concert au club légendaire "Whisky A Go Go", avec le grand Van Morrison et son orchestre. Lorsque Jim Morrison, entonne la 1ere grande pièce hallucinée des Doors, "The End", le public se pose des questions. Et quand Jim hurle en guise de conclusion : "Papa je veux te tuer, Maman je veux te baiser", les avis furent partagés. Ce soir là, le grand Jim Morrison était un génie et un pauvre crétin, selon les opinions.

La recette des Doors était fixée. Un orgue endiablé et implorant, une voix rauque et puissante, une guitare discrète mais dure comme de l'acier, un rythme imprévisible, et enfin une poésie pleine de désillusions et d'hallucinations. Tous ces ingrédients firent du groupe une formation phare de la contre-culture californienne. Le combo hippie le plus clairvoyant à ce jour, qui a su faire le tri entre la philosophie et l'utopie.

Le premier et vraisemblablement meilleur album des Doors, "The Doors" (Janvier 1967), contient les perles "Break on Through (to the Other Side)", "Soul Kitchen", "Light My Fire", et bien sur "The End". L'enregistrement connait un succès phénoménal. Mais l'argent n'intéresse pas les Portes. "On voulait juste changer le monde", dixit Ray Manzarek. Les 4 compères névrosés sont néanmoins peu satisfaits de la qualité de son de cet album, et bidouillent pendant quelques mois dans leur studio, Elektra, pour élaborer leur second disque : "Strange Days" (novembre 67), plus élaboré, mais pas meilleur pour autant, bien que très réussi. Leur deuxième délire théatral est nommé "When The Music's Over". Morrison hurle dans ce trip "We want the world and we want it... NOW !"

Les Portes entrent ensuite dans une nouvelle ère, moins flagrante, moins accrocheuse, moins extrême. Ainsi, "Waiting For The Sun"(1968) et "The Soft Parade"(1969) sont considérés par beaucoup comme décevant, malgré quelques perles telles "Spanish Caravan", ou encore "Hello, I love you". Mais la lumière revient avec "Morrison Hotel", et surtout avec "L.A.Woman"(1970). Les Doors, qui avaient jusque la joué sans basse ni guitare rythmique, firent appel à tous les musiciens manquants pour enregistrer l'album testament de Jim Morrison. "Love her Mady", "Changeling", "Riders On The Storm"... de vrais petits bijoux aussi fins que poétiques. Les Doors sont définitivement revenus au sommet de leur art.

Jim Morrison meurt le 3/07/1971 dans son bain, à Paris, à 27 ans (comme Hendrix, Joplin, Cobain...). De nombreux fans font encore le pèlerinage jusqu'au cimetière du Pere-Lachaise, ou est enterré le martyr hippie.

# Posté le jeudi 25 novembre 2004 13:20

Modifié le dimanche 28 novembre 2004 06:04

Mano Negra - Manu Chao

Mano Negra - Manu Chao
La Mano Negra (désigne généralement une organisation terroriste espagnole) est formée en 1987. Manu (basse chant compo) et Tonio Chao (trompette), Daniel Jamet (guitare), Jo Dahan (basse guitare), Thomas Darnal (claviers), Philippe Teboul (percussions) et Santiago Casariego (batterie) décident de renouer avec leurs racines, et par là meme d'explorer de nouvelles contrées.

Fils d'immigrants espagnols et arabes, les joyeux lurons divaguent entre salsa, rock, flamenco et raï avec énergie. Ce phénoménal groupe de scène, qui a joué la première partie d' Iggy Pop, fait découvrir à un large public sa fusion explosive dans Puta's Fever. "Pas assez de toi", "Rock'n'roll Band", et "King Kong Five" entre autres font de ce disque une rondelle charnière dans la carrière du groupe. Puta's Fever se vend dans toute l'Europe, notamment en Angleterre.

Un deuxième enregistrement suit, moins renommé : "King Of Bongo", Légère déception. En 92, la Main Noire explore l'Amérique latine (voyage qui aura un role crucial sur le carriere solo de Manu Chao), et le groupe se dissout peu après.

Le retour de Manu Chao se fait en 1998, avec Clandestino, putain de bon disque. L'Ex-leader de la Mano Negra invente un genre nouveau, flanant entre musique latine et ballades françaises, en passant par le reggae-punk élégant des Clash. La France est simplement sur le cul (300 000 exemplaires vendus), Les pays hispanophones sont pas mal emballés, et les éloges anglaises fusent.

Re-retour en 2001, avec Proxima Estaçion, Esperanza. La recette est la même, qu'elle soit musicale ou financière. Un enregistrement de reprises et autres remix géniaux, "Radio Bemba Sound System" débarque dans les bacs peu après. Récemment, Manu Chao a écrit un recueil de poèmes cinglants et gentillets, agrémenté d'un CD qui, dit-il, est arrivé soudainement avec l'inspiration des poèmes. Il s'est battu pour que le prix de ce recueil soit le plus bas possible.

Chao s'est aussi récemment exprimé sur le téléchargement illégal de musique, déclarant en gros qu'il n'est pas contre et que la scène aura par la suite plus de valeur et que ca sera bien fait pour la gueule des groupes qui bidouillent en studio.

Et j'emmerde les bouffons qui en veulent a son portefeuille ! Et pourquoi pas partir en vacances jusqu'au Congo tant qu'on y est ? Merde alors !

# Posté le dimanche 21 novembre 2004 15:15

Modifié le dimanche 28 novembre 2004 06:11

Fight Club : Le livre

Fight Club : Le livre
J'ai succombé en passant devant le bouquin à la fnac (avec un présentoir "l'ouvrage référence").

Le film a été inspiré du roman de Chuck Palahniuk, et non le contraire. L'histoire est plutot approximativement la même que dans le film, mais on voit tout d'un oeil différent en lisant : les sentiments de Mr Narrateur sont mieux exprimés et plus compréhensibles du lecteur.

Le style de Palahniuk est écrit d'une plume extrêmement originale (on peut en juger en écoutant la voix off du narrateur dans le film), mais lisible avec une facilité déconcertante. Les mots errent, à l'image de l'inconnu, les termes sont volontairement répétitifs, a l'image de la vie de l'inconnu, et de superbes passages, qui ne seraient peut etre pas très bien passés sur bande, sont repérables (lire le passage ou marla hurle : "VOUS AVEZ FAIT BOUILLIR MA MERE !").

Et pour les inconditionnels du cinéma, sachez que le réalisateur Fincher a pris de grandes libertés dans Fight Club. Certaines scènes n'ont pas du tout le ton correspondant au roman...et la fin n'est pas la même !

parfait pour remonter le moral des groupies qui n'ont pas réussi a rentrer dans le livre de Tolkien. A défaut de baver sur Orlando Bloom, elles pourront fantasmer sur le physique de rêve (quelque peu amoché) de brad Pitt.
Si on peut appeler ca un argument. En tout cas, j'ai regretté d'avoir lu après avoir vu.

# Posté le vendredi 05 novembre 2004 13:37

Modifié le dimanche 28 novembre 2004 06:14

The Strokes

The Strokes
The Libertines, the White Stripes, the Fever, The Rapture (et j'en passe)...tous ces jeunes groupes en "the" existent en partie grâce aux Strokes, précurseur du renouveau rock actuel.

Contrairement aux frère-et-soeur du dessous, les Strokes utilisèrent les dernières technologies pour enregistrer leur 1er EP "The modern Age" (déja enthousiasmant) et leurs deux albums : "Is This It" et "Room on Fire". La a priori remarquable voix du jeune chanteur Julian Casablanca a été, comment dire, quelque peu "arrangée" grâce au logiciel Pro Tools, et rien ne dit que les instruments de Nikolai Fraiture (basse),Fabrizio Moretti (batterie), Albert Hammond Jr et Nick Valensi (guitare) n'ont pas subi de mauvais traitement.

C'est vrai que j'ai jamais été amateur d'electro. J'ai toujours considéré que la musique perdait son âme si elle était trop parfaite, si quelques imperfections sonores n'étaient pas décelable. Mais la... les Strokes m'ont vraiment épaté. C'est la qu'on se dit que le rock peut aussi se faire avec modernisme. Comme les Doors, assomant leurs morceaux d'effets sonores (avant gardistes, en l'an de grâce 1967), ont composé une musique éternelle, on se dit à l'écoute de la dernière galette des New-yorkais que les Strokes ne mourront jamais, contrairement à certains groupes éphémères qu'ils inspirent actuellement.

Une guitare rythmique en béton, agrémentée d'un soliste parfaitement cadré, qui ne fait, certes, pas de grandes étincelles, un bassiste facétieux, un batteur a la régularité métronomique (dans le bon sens du terme), et enfin un chanteur accrocheur a la voix, modifiée ou non, étourdissante et berçante, font de ce groupe une valeur sure du milieu indépendant.

# Posté le lundi 01 novembre 2004 16:41

Modifié le dimanche 28 novembre 2004 06:17